Chapitre 5

Les insoumis

 

Accoudé à son bureau, le professeur croise les bras à notre arrivée. C’est un professeur d’une trentaine d’année, enseignant l’anglais. Portant une chemise blanche et une veste marron, les cheveux bien coiffés en arrière, son apparence reflète quelqu’un de classe prenant soin de sa personne. Il nous lance, d’un regard interrogateur.

– Que faites vous ici ? Les cours vont commencer.

-Excusez-nous professeur, nous voulions savoir si vous aviez des nouvelles de Mia vu que vous êtes son professeur principal, demande-je, bien que ce ne soit qu’une amorce pour engager la conversation naïvement.

– Eh bien, elle est dans un état critique mais les médecins disent qu’il y a de grandes chance qu’elle s’en sorte.

– Dieu merci, les esprits m’ont dit la vérité ! me réjouis-je en croisant les mains, avec une pointe de vrai soulagement dans cette comédie. Vous êtes attristé vous aussi n’est ce pas ?

-Elle était une de mes meilleurs élèves. J’appréciais sa participation dans la classe.

-Mais on m’a rapporté que depuis peu, c’est Akane la meilleure de la classe.

-Oui c’est vrai.

-Qu’est ce qu’elle est forte et impressionnante ! J’admire son intelligence et sa beauté !

Il ne répond et se contente de sourire rapidement.

-Vous étiez avec elle hier, elle m’a dit que vous l’aviez félicité pour ses notes.

-Oui, je l’ai félicité pour ses notes hier. Elle est en grande évolution.

Je m’arrête un instant. Je ne pense pas qu’il est un lien avec Mia puisqu’il semble vraiment préoccupé par son sort mais dès ai-je prononcé le nom d’Akane qu’il s’est quelque peu refermé. Son corps a changé de position, sa tête s’est légèrement baissé. Et surtout, il a répété les mêmes mots pour répondre à ma question. Je lance un regard à Rina qui s’apprête à poursuivre la conversation. Elle sait que je consulte les esprits en ce moment même. Du moins, je l’imagine. Yuto, quand à lui, reste à côté de moi, écoutant attentivement la conversation. Je suis impressionnée de le voir si sérieux en ce moment. Cela me ramène à l’esprit son sang froid durant l’incident. Qui est il vraiment ? Mais ce n’est pas le moment pour ce genre de question. Je suis le regard de Yuto pour revenir me concentrer sur le professeur. Rina poursuit sur le sujet d’Akane. Il semble de moins en moins à l’aise. Son visage reste assez neutre, ne révélant rien de significatif. Les hanches reposés sur son bureau, son corps semble plutôt inactif mais il a besoin d’un appui extérieur ce qui prouve qu’il n’est pas sûr de lui en ce moment. Cependant, mon regard se focalise sur la seule action de son corps, sa main. Sa main gauche caresse son poignet droit. Un geste typique pour se rassurer. J’aperçois également une magnifique montre, précédemment cacher pour la manche de sa veste.

– Allez ça suffit, tape t-il dans ses mains, en se relevant. Retournez dans vos classes avant d’être en retard.

Vivement, je me penche vers l’oreille de Yuto pour lui murmurer:

– Demandes lui d’où vient sa montre.

Il semble surpris par mon geste, même gêné, puis hoche la tête. Je vois ensuite, Rina, me passer devant, un grand sourire pendu aux lèvres, afin de sortir de la classe. Elle se fait des idées.

– Professeur, je n’ai pu m’empêcher de voir votre montre. Elles est splendide ! s’exclame Yuto en fixant la montre pour appuyer ses dires.

– Ah oui ! C’est gentil ! J’aime beaucoup les belles montres.

– Où est ce que vous l’avez achetez ? J’aimerai m’acheter également une montre aussi belle que la votre.

C’est parfait Yuto ! Je doute même que le fait qu’il soit vraiment intéressé par la dite montre.

– Oh hum c’était en ville. Une magnifique petite boutique quand je suis allée dans le sud pour mes vacances. Je doute que tu puisses y aller. Allez ! Maintenant, filez !

Nous le remercions puis sortons pour retrouver Rina, accoudée au mur adjoint de la classe. Le professeur s’est léché légèrement les lèvres entre ses phrases. Cela permet au menteur de gagner un petit temps donner pour trouver quoi répondre. Une geste inconscient. D’après tous les signes, le professeur nous cache quelque chose. Je doute qu’un professeur de langue dans un lycée public puisse posséder une telle montre surtout quand il ment sur son origine.

– Alors ? M’interrompt Rina.

– Les esprits me disent qu’il n’est pas entièrement net dans cette histoire. Je dois revoir Akane pour en être sûre.

 

Planquée derrière les escaliers, je surveille Akane sortir de sa classe. Accompagnée de quelques filles, elle s’engage dans le couloir. J’ai rarement eu l’occasion d’observer Akane dans son quotidien. Rien ne m’avait conduit à le faire. C’est donc telle une ninja que je m’avance derrière ma cible parmi cette jungle que sont les fauves durant l’heure du déjeuner. Plein de lions se précipitent aux cantines pour acheter les pains qu’ils souhaitent, se dépêchant pour éviter la rupture de stock. Ainsi, je dois aussi éviter des fusées qui passent à tout allure dans les couloirs. Alors que j’esquive un projectile, mon action me fait me retourner et j’aperçois des cheveux caramels grossièrement cachés derrière des élèves. Ceux-ci s’hérissent quand ils me voient me retourner vers eux. Je souris en coin et m’approche de ce détective débutant, qui a encore beaucoup à apprendre, pour y trouver une Yui toute rouge et recroquevillée.

– Yui, qu’est-ce que tu fais ? Souris je en la voyant très embêtée d’être démasquée. Je suis désolée mais je suis occupée maintenant.

– Je suis désolée ! Je voulais venir vous aider prêtresse et puis je vous ai vu suivre quelque chose. Je me suis dit que les esprits vous ont ordonné alors je ne voulais pas déranger mais ça m’a intrigué …Je suis désolée !

– Je t’ai déjà dis de me tutoyer. J’ai l’impression d’être une vieille dame quand tu me parles comme ça. Tu as raison. Je suis sur une piste alors je ne peux pas la lâcher.

– Je-je peux venir avec vou-toi ?

-Tu n’as pas un club à aller voir ou manger avec tes amies ? souffle-je pour essayer de l’éloigner.

Elle baisse honteusement. Je hausse les sourcils en signe de compassion.

– Excuses-moi, c’était un peu brute de pomme, m’excuse-je.

– Non c’est moi ! Je n’aurais pas du te suivre à ton insu ! Je suis désolée ! s’exclame-t-elle faisant une rapide courbette pour ensuite s’enfuir alors que j’allais la retenir.

La voyant passer de l’autre côté du mur du couloir, j’entends ses pas s’éloigner. Je ne voulais pas la faire fuir. Les conversations normales ne sont pas non plus mon fort. Me dirigeant vers ma cible, je m’arrête soudainement sentant de nouveau un poids sur mes épaules venant de mon dos. Je me retourne une nouvelle fois pour apercevoir de nouveau des cheveux se cacher derrière ce même mur qu’elle était sensée avoir dépassée. J’ai bien peur qu’elle continue à me suivre malgré mon mécontentement. Bien qu’avec plein de bonnes intentions. Je pense que je n’ai pas le choix même si je dois avouer que son comportement m’amuse. Ça se voit qu’elle n’a pas l’habitude de jouer les détectives. J’attends à nouveau qu’elle ressorte la tête pour lui faire signe de venir. Toute penaud, elle traite les pieds timidement jusqu’à moi, pensant se faire gronder.

-Très bien, tu peux venir mais c’est silence absolue ! Et quand je dis quelque chose, on agit sans poser de question d’accord ?

Ses yeux s’écarquillent et ses bras se serrent contre sa poitrine. Elle hoche en geste amble la tête, les yeux pétillants d’excitation. Elle commence à me suivre en sautillant joyeusement. Niveau discrétion, ce n’est pas encore ça mais Akane n’en a cure de ce qu’il se passe derrière elle. Je remarque alors une chose. Les élèves s’écartent aussi à son passage. D’ailleurs, certains semblent plus s’ablatir que d’autres dans la foule. Ils ont peut être plus de respect que les autres ? Bien qu’entourée d’admiratrices, Akane continue d’avancer fièrement dans la foule, un sourire triste collé au visage. Soudain, alors qu’elle gardait le regard en avant et la tête bien droite, son regard se penche, tandis qu’elle continue d’avancer, vers une jeune fille à lunette qui s’abaisse un peu plus. C’est un regard méprisant bien que futile. Après le passage d’Akane, la jeune fille se redresse difficilement et reprend son chemin, les yeux toujours à terre, tête baissée.

– Yui. Peux-tu aller discuter avec cette fille, lui demande-je en la pointant du regard. Discutes comme si de rien n’était. Des cours, du temps et essaies d’avoir son nom.

Elle regarde sa nouvelle cible, bombe le torse, hoche la tête pour se donner du courage et part mécaniquement, essayant sûrement de laisser transparaître une quelconque aisance. J’essaye de retenir mon rire qui ne demande qu’à sortir de ma bouche. Bravo Yui. Elle ne cesse de dépasser ses peurs. En étant la prêtresse, j’ai peur que la jeune fille prenne peur face à moi. Elle semble très abattue. Je laisse Yui à son objectif afin de poursuivre ma cible. Je l’observe écouter attentivement, avec cet air triste, des filles qui l’accaparent, assises sur le même banc que ce matin. Je n’ai rien vu d’autres que la tristesse et la fatigue qu’elle aborde depuis ce matin. Alors que ma tête dépasse légèrement du mur pour observer mon suspect, j’entends quelqu’un m’appeler fort.
– Prêtresse !

On non, Yui ! Je me planque aussitôt derrière mon mur. Si elle n’a rien entendu, cela révèle du miracle même si j’en doute fortement. Maintenant, elle va savoir qu’elle est dans mon radar. Yui trottine à ma hauteur, essoufflée et me fait un signe du pouce pour montrer sa victoire.

– Yui ! Ne hurle pas comme ça ! chuchotes-je en mettant mon doigt devant la bouche pour lui intimer de baisser le ton. Tu déranges les esprits dans leur recherches.

– Oh pardon ! Je suis désolée les esprits ! s’exprime-t-elle les yeux levés au plafond, les mains devant la bouche.

– Alors ? Tu as réussi n’est ce pas ?

– Oui ! J’ai son nom ! Au début, elle ne voulait pas parler. Je commençais à me dire que j’avais échoué puis j’ai vu que le livre qu’elle tenait à la main est un des livres que j’étudie. Et on a commencé à parler. Elle est très gentille et elle adore la lecture apparemment.

Elle s’appelle Sawako Mori.

 

 

Le soleil est aussi triste que le lycée aujourd’hui. Bien que nous soyons en fin d’après midi, il commence déjà à se coucher, comme lasse de cette lourde journée. Nos quatre ombres se reflètent sur le mur de la classe. J’ai réussi à ramener Sawako avec l’aide de Yui dans une classe vide la plus proche pour lui parler. Bien évidemment, mon acolyte Rina étant toujours de la partie. Nous sommes toutes les quatre assises en cercle autour de deux tables. Yui s’est mise à côté de l’interrogé afin de la rassurer. Mais j’avoue que le regard inquisiteur de Rina n’aide pas à la conversation. Dans le silence de la pièce, j’entends seulement les bruits de pas des étudiants dans les couloirs ainsi que les quelques conversations qui réussissent à naître dans cette ambiance lourde. Alors que chacun se précipite de sortir de cette jungle à la normale, je sens la lenteur et la lassitude dans les pas des élèves. Sawako ne prononce rien. Son dos courbé en avant, signe de vulnérabilité évidente, sa tête est penchée également et ses membres semblent extrêmement tendus. J’ai peur de confondre sa timidité avec un rapport quelconque dans cette histoire. Certains signes de mensonges peuvent aussi être de simples réactions de stress, une personnalité nerveuse, timide, peur face à la situation… Mais alors pourquoi Akane la regardait elle de cette façon ? Elle qui n’a cessé de montrer de la douceur et gentillesse envers ses camarades. J’ai beau poser des questions basiques comme sur sa santé ou ses cours, rien ne sort de sa bouche. Sawako reste tendue à l’extrême. J’ai le sentiment que c’est comme si elle s’empêchait de cracher ou de sortir quoi que se soit. Je décide d’aller droit au but si la méthode douce ne fonctionne pas, brisant le silence pesant.

– Quelle rapport a tu avec Akane ?

Rina et Yui me lancent un regard choquée. En revanche, la tête de Sawako se tourne vers le côté, pointant toujours vers le bas, et une expression de peur passe par son visage au vu de ses sourcils levés et se rejoignant au centre de son front. Elle sait de qui je parle. Je continue sur ma lancée.

– Détestes-tu Akane?

– Tu as quelque chose contre elle ?

Ça un rapport, c’est évidant, pourtant, ce n’est pas encore ça.

– As-tu fait quelque chose de mal Sawako ?

En une fraction de seconde, le rouge monte aux joues, les yeux deviennent luisants, et sa main frotte sa joue, le regard toujours baissé. Sentiment de honte profonde.

– Tu l’as fait par toi même ou on t’a obligé ?

– Est-ce par rapport à Mia ?

La salive est difficilement avalée.

– La reine t’a obligé à faire ça ?

Encore un mouvement de gorge. Elle stresse donc la gorge s’assèche. J’ai vu juste.

– Sawako, écoutes, je ne veux pas …

– Qu’est ce que vous faites à cette pauvre fille !

Tous se retournent vivement vers le cri provenant de la porte. Akane rentre avec colère, les yeux emplis de larmes, et se poste devant moi.

– J’ai bien vu ton petit manège Honda ! Tu es allée interroger mon professeur principal sur moi et maintenant tu accapares cette fille qui n’a rien avoir avec cette histoire. Tu doutes de ma sincérité. Comment aurais-je pu faire ça à une de mes amies les plus chers !Tu devrais avoir honte ! Viens, sortons de là. C’est fini.

Elle agrippe l’épaule de Sawako, l’aidant à se soulever de sa chaise. Celle-ci remet ses lunettes qui tombait de son nez et se laisse tirer vers la sortie .Alors qu’elle s’engouffre dans le couloir rempli d’élève, je les poursuis vivement et hurle:
– Sawako ! Tu n’es pas obligée de lui obéir ! Les esprits, moi, Yui, Rina, nous savons que tu es quelqu’un de bien qui a pas eu le choix jusqu’à maintenant ! Mais c’est fini tout ça ! On peut t’aider ! Seulement si tu ne dis rien ! Je ne pourrais rien faire ! Et cela inclut d’autres potentiels victimes ! Je t’en pris, ne te laisses pas emmener !

Yui accourt à son tour et se poste devant moi.

– C’est vrai Sawako ! Je sais que tu es quelqu’un de bien ! Et j’ai envie que tu continues à me parler de tes livres comme tu l’as fait ! Alors je t’en pris moi aussi, ne te laisses pas emmener !

A son tour Rina, avance lentement tout en s’exprimant fort.

– On n’est pas tous courageux et fort de naissance. Mais, on peut choisir de le devenir.

Tous les élèves présents dans le couloir se retournent vers nous, interrogatifs à toute cette mascarade. L’allée est remplie d’étudiants qui se redressent vers nous jusqu’à plusieurs dizaines de mètres. Même si tout le monde est retourné à l’opposée, Akane et Sawako continuent leur route sans se retourner. Mais je sais qu’elle a entendu . Je vois à qu’elle point Akane fait psychologiquement pression sur elle sans que j’en nomme la raison. L’obligeant à courber le dos et à se taire. Seulement, j’ai le sentiment que si elle n’avoue rien maintenant, tout est fichu. Alors que je la vois s’éloigner, je perds de plus en plus espoir. Si aucun témoin n’avoue, je ne peux rien faire pour Mia. Les larmes montent aux yeux. Je suis désolée Mia …

– Vous allez vous laisser faire ?!

Une voix retentit dans le silence pesant. Sans que je ne distingue l’interlocuteur, il continue dans sa lancée.

– N’avez vous jamais été soumis à quelqu’un ?! Avec cette impression de n’avoir pas le choix ?! Comme si on ne méritait que ça !? Mais tout ça s’est fini maintenant ! On a le droit de parler. On va pas se laisser marcher dessus parce que des cons se sentent supérieurs à nous ! Il est temps de dire merde à tout ça ! Merde je serais pas ton esclave ! Merde je ne ferais pas ça parce que tu m’y obliges ! Je suis autant humain que toi et je j’emmerde !

Je sens alors les élèves commencer à s’exciter, hocher la tête, pousser des hurlements de compréhensions, taper des mains et prendre cet air de révolutionnaire. Parmi le feu de cette animosité, Yuto fait place au centre du couloir et continue son discours.

– Alors si vous avez des choses à dire sur cette emmerdeuse qui se croit au dessus des autres. C’est le moment ! Lâchez vous !

Le Yuto présent ne ressemble en rien à celui de ce matin. Il est confiant, carnassier, grossier, s’exprime devant une foule entièrement sans éprouver la moindre gêne. Il est l’autre. Même si son aspect physique est moins différent des autres fois où je l’ai rencontré. C’est alors que le discours remplit de flamme, réveille les soumis endormis.

– Elle m’a menacé d’exclusion si je faisais le ménage à sa place ! Crie une voix dans la foule.

– Elle a ordonné que je mette une jupe plus longue parce que je suis laide ! Rugit une autre.

– Elle nous traitent constamment de binoclards dégoûtants !

– Elle veut que je range son matérielle de sport sinon elle fait virer ma sœur de la crèche !

Un autre puis un autre. C’est ainsi que la moitié des élèves présents balance toutes les horreurs qu’ils ont subi durant ces années. Je suis surprise et touchée par cette rébellion soudaine et inattendue. Je ne pensais pas qu’elle était aussi ignoble avec autant d’élèves. Personne n’a osé dire quoi que se soit par peur de représailles. Je lance un regard de remerciement à Yuto qui répond d’un sourire charmeur et glorieux. Puis, soudainement, une voix au loin hurle plus fort que les autres:

– Elle m’a obligé à pousser Mia dans les escaliers parce que sinon elle allait virer mon père. On n’est pas riche donc on ne peut pas se permettre d’être sans revenu ! Je n’ai jamais voulu faire de mal à Mia ! Je suis tellement désolée !

Sawako s’est retournée, se lâchant de l’emprise de la reine pour hurler de toutes ses forces toutes ses émotions coincées dans son corps.

– Et je l’ai vu payer le professeur !

– Moi aussi je l’ai vu !

– Tu vois Akane toutes les horreurs que tu fais subir ! Elle te retombe dessus maintenant.

L’ancienne tortionnaire cachée du lycée à un mouvement de recule, angoissée par ce qu’il se produit et s’apprête à fuir mais se retrouve plaquée au sol par Rina.

– On n’a pas encore fini toutes les accusations, dit-elle alors qu’elle la maintiens aisément au sol.

Je m’approche petit à petit, les élèves me laissent passer jusqu’à la coupable pour sa sentence. Je m’exclame:

– Si j’écoute ce qu’on me dit à l’oreille. Mia t’a surprise ce jour là en train de menacer ou intimider un étudiant. Une dispute a éclatée. Cependant, comme Mia est aussi riche que toi, tu n’as pas pu la contrôler au chantage. Tu as donc laisser le sale boulot à une fille qui n’a pas eu le choix pour laisser sa famille manger parce que je parie que son père travaille où travaille aussi ton père. C’est pratique ça ! Et tu es allée voir le professeur pour te donner un alibi qui en est vraiment un d’ailleurs. Tant qu’affaire, tu l’as payer gracieusement, et ce n’était sûrement pas la première fois, pour augmenter tes notes pour que tu puisses accéder à cette université.

Je me penche ensuite au dessus d’elle, parlant d’une voix moins forte pour qu’elle seule m’entende.

– Ma question reste tout de même pourquoi vouloir tant bien que mal des bonnes notes. N’hésitant pas à éliminer la concurrence. Tu dois bien avoir une raison à cela.

– Va te faire foutre ! craches-t-elle en se débattant de l’emprise de Rina.

– C’est lié à ton père ?

A peine ai-je prononcé ses mots que ses yeux s’écarquillent et qu’elle cesse subitement de gigoter. Elle est aussi facile à lire qu’un livre ouvert à présent qu’elle n’a plus le contrôle.

– Pour avoir sa reconnaissance ? Cette université est celle ou il a étudié ou celle qui t’a prescrite, je me trompe ? Malheureusement, le challenge est trop haut pour toi et pour ne pas décevoir le paternel, tu utilises l’argent pour parvenir à rentrer dans cette université. Qu’est ce qu’il a pu te donner comme exemple pour que tu tombes aussi bas ?

– La ferme ! Tu connais rien sur mon père ! Il a réussi son entreprise tout seul sans l’aide de personne ! Alors lui aussi veut me voir réussir aussi bien que lui ! hurles-t-elle en sanglots. Il reste moi quand j’ai des bonnes notes !

– Et tu crois qu’il ne serait pas rendu compte de la flagrante différence entre tes notes et tes actions dans le quotidien. Tu te serais perdue dans le tas entre manipulation, escroquerie et vérité. Un parent ne doit pas aimer son enfant pour les notes qu’il ramène à la maison. Ce n’est pas de l’amour ça.

– La ferme ! La ferme ! La ferme ! s’égosille-t-elle la voix en secouant frénétiquement la tête dans tous les sens.

Je décide d’arrêter mon discours. Finalement, malgré ce qu’elle a fait, je compatis. C’est juste une enfant seule, sans éducation de parents aimants, qui a su attirer l’attention quand n’étant une bonne petite fille. Elle n’a pas appris le véritable amour et l’empathie. J’exclame alors:

– Que tous les élèves qui ont des choses à dire se dirigent vers la salle du proviseur pour qu’il prenne en compte toutes les accusations afin de rédiger une sanction.

Je me retourne vers Sawako, assise à terre pleurant à grand flot, tenue par Yui.

– Le proviseur sera clément étant donné les circonstances mais il n’empêche que tu es responsable de tes actes. Tu es prête ?

Elle daigne enfin me regarder en face et hoche la tête puis se relève difficilement sur ses jambes tremblantes. C’est la première fois que je vois vraiment son visage. Les mains sur les épaules, je lui murmure:

– Tu as déjà changé. Tout va bien aller.

Puis, je la laisse se diriger avec les autres élèves vers le proviseur, soutenue par Yui. Je lance celle-ci :

– Yui ! Il faudra qu’on parle de ton admission au club demain !

L’interpellée se retourne surprise, sourit de de toutes ses dents éclatantes, lançant un signe de la main avant de reprendre sa route.

– Je l’emmène aussi, m’interrompt Rina, maintenant toujours sa prisonnière. Tu n’as pas quelqu’un a remercier pour ça ?

Je cherche ce qu’elle essaie de me dire puis réalise ses mots. Yuto ! Il faut que je le retrouve ! Je lui tape dans l’épaule en signe de remerciement puis part à vive allure dans le couloir. Je ne l’aperçois pas parmi toutes ces têtes. Deux courants se sont clairement formés, ce qui ce dirigent vers la sortie et ceux qui se dirigent vers le centre du lycée, le proviseur. Je décide de surfer sur la vague des sorties car j’ai le net sentiment qu’il rentre chez lui après avoir agit en héros, tel un Batman. Et alors que je m’arrête pour observer les alentours en plein milieu de la cour près du portail, une voie m’interpelle:

– Alors, la prêtresse a réussi à démasquer le coupable ?

 

 

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